Quand on remonte la généalogie d’Andromaque, une réponse s’impose rapidement : son père est Éétion, roi de Thèbes sous le Placos, en Cilicie de Troade. Cette filiation explique une grande partie de son destin, car la mort de son père et de ses frères, tués par Achille, précède directement son mariage avec Hector et la ruine de Troie.
L’essentiel sur la filiation d’Andromaque
- Éétion est le père d’Andromaque.
- Il règne sur Thèbes sous le Placos, en Cilicie de Troade.
- Achille tue Éétion et ses sept fils lors du sac de la cité.
- La mère d’Andromaque reste anonyme dans le récit homérique.
- Andromaque devient ensuite l’épouse d’Hector et la mère d’Astyanax.
Éétion est bien le père d’Andromaque
Le père d’Andromaque s’appelle Éétion, parfois écrit Eétion ou Éétion de Cilicie selon les traductions. Homère le présente comme le souverain de Thèbes sous le Placos, une ville située en Asie Mineure, dans la région de la Troade.
Cette précision géographique compte. Il ne s’agit pas de la célèbre Thèbes de Béotie, associée à Œdipe et à Dionysos, mais d’une autre cité appelée Thèbes. Pour éviter la confusion, les textes ajoutent généralement la mention « sous le Placos », du nom de la montagne voisine.
Dans le chant VI de l’Iliade, Andromaque rappelle elle-même ses origines à Hector. Elle ne parle pas d’un père abstrait ou d’un ancêtre lointain, mais d’un roi qui possédait une maison, un territoire et une famille. À mes yeux, c’est ce qui rend son récit si poignant : avant d’être la veuve d’Hector, elle était déjà une princesse issue d’une cité détruite.
Une famille anéantie par Achille
Éétion meurt avant les principaux événements racontés dans l’Iliade. Achille attaque Thèbes sous le Placos et tue le roi ainsi que ses sept fils, les frères d’Andromaque. La ville est pillée, tandis que la jeune femme perd presque toute sa famille paternelle en une seule expédition.
Homère ajoute un détail révélateur : Achille ne dépouille pas Éétion de ses armes. Il respecte le roi après sa mort et lui accorde des funérailles. Le héros grec reste donc l’ennemi responsable du massacre, mais le poème lui conserve une forme de respect pour son adversaire.
La mère d’Andromaque est également capturée. Le récit homérique indique qu’elle est ensuite libérée contre rançon, puis qu’elle meurt à Thèbes après avoir été frappée par Artémis. Son nom n’est pas transmis avec certitude, ce qui limite la précision de l’arbre généalogique maternel.
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Ce que l’on peut établir avec certitude
| Personnage | Lien avec Andromaque | Éléments connus |
|---|---|---|
| Éétion | Père | Roi de Thèbes sous le Placos, tué par Achille |
| Mère d’Andromaque | Mère | Nom non conservé dans l’Iliade |
| Les sept fils d’Éétion | Frères | Tués par Achille lors du sac de Thèbes |
| Hector | Époux | Prince troyen, fils de Priam et d’Hécube |
| Astyanax | Fils | Enfant d’Andromaque et d’Hector |
La place d’Andromaque dans la généalogie troyenne
Andromaque n’est donc pas née à Troie. Elle devient liée à la dynastie troyenne par son mariage avec Hector, fils du roi Priam et de la reine Hécube. Son union rapproche deux maisons royales, mais cette alliance familiale ne la protège pas lorsque la guerre atteint son terme.
Avec Hector, elle a un fils nommé Astyanax, également appelé Scamandrios. Dans la tradition homérique, cet enfant représente la continuité possible de la lignée d’Hector. Sa mort après la chute de Troie montre précisément que les vainqueurs veulent supprimer jusqu’à la mémoire dynastique de la cité.
La généalogie d’Andromaque relie ainsi trois espaces successifs : la maison d’Éétion en Cilicie, la famille royale de Troie par Hector, puis la captivité grecque après la prise de la ville. Ce déplacement explique pourquoi elle apparaît souvent comme une figure de la rupture, une femme séparée de chaque génération familiale à laquelle elle appartenait.
Pourquoi le père d’Andromaque est souvent confondu
La confusion vient surtout du nom de Thèbes. Beaucoup de lecteurs pensent spontanément à Thèbes en Béotie, alors que l’histoire d’Andromaque se rattache à Thèbes sous le Placos, en Troade. Les traductions peuvent aussi varier dans l’écriture du nom royal, ce qui donne Éétion, Eétion ou Eetion.
Une autre erreur consiste à attribuer à Éétion une ascendance très détaillée. Les textes anciens donnent surtout son statut de roi et de père d’Andromaque. Ils ne fournissent pas une généalogie complète de ses propres parents, et les compléter avec des noms tardifs risquerait de mélanger plusieurs traditions.
Je conseille donc de distinguer les informations sûres des reconstructions plus spéculatives. Le noyau solide est simple : Éétion est le père, Andromaque est originaire de Thèbes sous le Placos, et Achille détruit sa famille avant qu’elle ne rejoigne la maison d’Hector.
Ce que cette filiation change dans le portrait d’Andromaque
Connaître le père d’Andromaque permet de mieux comprendre ses paroles dans l’Iliade. Lorsqu’elle demande à Hector de ne pas retourner au combat, elle ne craint pas seulement de perdre son mari. Elle a déjà perdu son père, ses frères, sa mère et sa propre cité.
Son attachement à Hector prend alors une dimension familiale et politique. Il est à la fois son époux, le père de son enfant et le dernier représentant d’un monde auquel elle appartient encore. La mort d’Hector répète, à une autre échelle, le traumatisme provoqué par la chute de Thèbes sous le Placos.
Les œuvres postérieures prolongent ce destin. Dans la tragédie d’Euripide, Andromaque est devenue captive de Néoptolème. Chez Virgile, elle apparaît ensuite auprès d’Hélénos, le frère d’Hector. Ces épisodes ne changent pas l’identité de son père, mais ils montrent comment une origine familiale détruite continue de peser sur toute sa vie.
La réponse à retenir pour relire le mythe
Le père d’Andromaque est Éétion, roi de Thèbes sous le Placos. Sa mort, celle de ses sept fils et la disparition progressive de toute la maison paternelle donnent à l’héroïne une histoire bien plus ancienne que la seule guerre de Troie.
Pour retenir l’essentiel, il suffit de suivre cette chaîne familiale : Éétion, Andromaque, Hector, Astyanax. Elle mène d’un royaume cilicien détruit par Achille à la maison troyenne anéantie par la guerre, et explique pourquoi Andromaque incarne avec autant de force la mémoire des vaincus.